Pitti Uomo 109 : une silhouette marron au cœur de Florence

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Il y a des tenues que l’on prépare longtemps à l’avance, et d’autres qui s’imposent presque naturellement une fois sur place.
Celle-ci fait un peu partie des deux.

À Florence, pendant le Pitti Uomo 109, le vêtement n’est jamais qu’un simple habit. Il devient un langage, parfois même une prise de position. Entre la surenchère visuelle, les silhouettes trop pensées et celles qui cherchent à capter l’objectif à tout prix, j’ai toujours préféré une autre voie : celle de la cohérence, du détail juste, et d’un certain plaisir à porter ce que l’on aime vraiment.

Cette tenue, photographiée près de la Piazza della Repubblica par le photographe espagnol Fran Calderon, illustre assez bien cette approche.

Le trois-pièces marron Blandin & Delloye au Pitti Uomo 109

Le point de départ de la silhouette est un costume trois pièces marron moyen signé Blandin & Delloye, réalisé dans un mélange de laine, lin et soie.
Un tissu que j’affectionne particulièrement pour Florence : suffisamment respirant pour supporter les variations de température, tout en conservant une belle tenue et une profondeur visuelle intéressante.

Le marron est une couleur que je trouve souvent sous-estimée au Pitti Uomo. Pourtant, bien travaillé, il offre une richesse incroyable. Ici, il capte la lumière florentine avec subtilité, sans jamais devenir trop chaud ni trop terne. Le gilet apporte cette dimension supplémentaire que j’apprécie tant : une élégance presque intemporelle, qui trouve naturellement sa place dans le cadre du salon.

Le trois-pièces permet aussi de jouer avec les proportions. Même sans le manteau, la silhouette reste structurée, équilibrée, et surtout lisible un point essentiel lorsqu’on évolue dans l’effervescence florentine.

Chemise Oxford et base de silhouette

Sous le costume, j’ai opté pour une chemise Chelsie à rayures ciel en Oxford.
C’est typiquement le genre de pièce que l’on remarque peu au premier regard, mais qui fait toute la différence sur les photos de détails.

Les rayures apportent une respiration visuelle bienvenue, cassant l’uniformité du marron sans créer de rupture trop marquée. Le tissu Oxford, avec sa texture légèrement granuleuse, dialogue très bien avec le mélange laine-lin-soie du costume. C’est aussi un choix très confortable, particulièrement appréciable lors des longues journées passées entre la Fortezza da Basso et les rues de Florence.

Cravate et écharpe : textures et cohérence

Pour accessoiriser la tenue, j’ai souhaité rester dans une palette chaude et cohérente.

La cravate en grenadine de soie s’impose presque naturellement. J’apprécie cette matière pour sa capacité à apporter du relief sans jamais paraître démonstrative. Elle fonctionne aussi bien en situation réelle qu’en photo, notamment sur les plans serrés.

L’écharpe AVO8 en laine, à carreaux marron et bordeaux, vient compléter l’ensemble. La laine apporte une douceur visuelle et une vraie profondeur, tandis que le bordeaux crée un contraste subtil avec le marron du costume. Les carreaux restent suffisamment discrets pour s’intégrer naturellement à la silhouette, tout en ajoutant une vraie personnalité.

Loafers en cuir grainé et chaussettes marron : le détail au Pitti Uomo

Aux pieds, des loafers en cuir grainé brun, choisis autant pour leur élégance que pour leur confort. Le cuir grainé apporte une dimension plus vivante, moins formelle, qui équilibre parfaitement le caractère structuré du trois-pièces.

J’ai associé ces chaussures à des chaussettes marron Mes Chaussettes Rouges, dans une logique de continuité chromatique. Un détail discret, mais essentiel : il évite toute rupture visuelle inutile et renforce la cohérence globale de la silhouette, notamment sur les photos prises en mouvement.

Le manteau croisé : structurer sans alourdir

Pour compléter la tenue, j’ai choisi un manteau croisé gris clair à cran aigu.
Un manteau qui joue un rôle clé dans l’équilibre de la silhouette.

Le gris clair contraste avec le marron sans jamais l’écraser. Il apporte de la lumière, particulièrement dans la clarté florentine, tout en laissant le costume s’exprimer. Le croisé structure l’ensemble, tandis que le cran aigu accentue cette verticalité que j’apprécie particulièrement dans mes silhouettes de saison.

Piazza della Repubblica : mon point d’ancrage à Florence pendant le Pitti Uomo

Si j’aime tant la Piazza della Repubblica, ce n’est pas un hasard.
C’est toujours dans ce quartier que je choisis mon hôtel lorsque je viens au Pitti Uomo, pour être au centre de Florence et pouvoir vivre la ville à pied.

Être à deux pas de cafés emblématiques comme Gilli ou Giubbe Rosse fait partie intégrante de l’expérience. Commencer la journée autour d’un café, observer le rythme de la ville avant de rejoindre le salon, puis revenir dans ce quartier animé en fin d’après-midi : tout cela participe pleinement à l’atmosphère si particulière du Pitti.

C’est aussi un décor idéal pour photographier une tenue. Vivant, élégant, sans être écrasant.

Florence, le regard et le détail

Le regard de Fran Calderon a su capter les détails sans jamais les isoler de leur contexte. Chaque photo raconte à la fois un fragment de la tenue et un moment précis du Pitti Uomo 109 : une lumière, un mouvement, une texture, une ambiance.

Conclusion

Cette tenue résume assez bien ma vision du Pitti Uomo :
une élégance réfléchie, construite autour de matières, de textures et de couleurs qui dialoguent entre elles. Pas de provocation gratuite, pas de déguisement, simplement le plaisir de bien s’habiller dans un cadre exceptionnel.

Le Pitti Uomo, à Florence, reste pour moi un formidable terrain d’expression à condition de ne jamais perdre de vue l’essentiel : porter des vêtements qui nous ressemblent.

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