Tendance Pitti Uomo hiver

Pitti Uomo 109 : immersion dans la Fortezza da Basso

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Chaque édition du Pitti Uomo transforme Florence en une scène où la mode masculine devient un spectacle vivant. Si le salon à l’intérieur de la Fortezza da Basso concentre les présentations et les échanges professionnels, c’est à l’extérieur, devant les façades historiques, que se joue la véritable effervescence du style.

Les influenceurs du monde entier, créateurs et passionnés se croisent, se photographient et affichent leurs interprétations contemporaines du costume. Cette année, comme chaque édition, la cour de la Fortezza et le fameux mur photogénique sont devenus le théâtre d’un défilé spontané, où chaque regard et chaque silhouette racontent une histoire.

Dès mon arrivée, j’ai été frappé par l’énergie qui se dégageait de cet espace. Le contraste entre l’architecture imposante de la Fortezza et la vitalité de la scène street style est fascinant : des photographes braquent leurs appareils sur les silhouettes les plus audacieuses, des influenceurs posent avec assurance, et des passionnés observent et commentent, partageant astuces et découvertes. Le mur iconique, souvent visible sur Instagram, sert de point de repère et de toile de fond pour des portraits qui capturent l’esprit du Pitti.

Les tendances fortes de l’hiver

Le marron et les nuances de terre dominent incontestablement cette édition. Sur le parvis de la Fortezza, on remarque une maîtrise subtile des camaïeux et des superpositions. Les trois-pièces restent une valeur sûre, mais ils se déclinent dans des nuances et des textures qui expriment une modernité assumée. Le mélange des matières, la mise en contraste des tons et l’élégance décontractée sont les fils conducteurs de cette édition.

Les polo-coat, les pardessus longs et les overcoats croisés s’imposent comme des pièces fortes, capables de structurer une silhouette tout en laissant place à des accessoires et des détails plus personnels. Les gilets en tweed, les pantalons taille haute et les pulls col roulé, associés à des chaussures raffinées, montrent que le style masculin se construit encore autour du costume, mais avec une liberté contemporaine qui valorise la personnalité.

Gauthier et Megan de Blandin & Delloye Montreal

Mes coups de cœur masculins du Pitti

L’un des moments que j’ai le plus appréciés est celui où j’échangeais avec mon ami Richard, rédacteur du blog et Basti, un tailleur mexicain passionné. Richard portait une veste en velours côtelé beige, associée à un pantalon taille haute bordeaux et un gilet en tweed kaki. L’ensemble jouait sur la subtilité des textures et la profondeur des tons, une combinaison parfaitement adaptée à l’atmosphère florentine.

De mon côté, j’avais choisi un trois-pièces marron, complété par un manteau croisé gris clair signé Loro Piana, des mocassins marron, une chemise ciel à rayures et une cravate grenadine de soie marine pour créer un contraste élégant. La rencontre avec Basti, vêtu d’un ensemble beige, col roulé et overcoat croisé, a donné lieu à une discussion passionnante sur les coupes et les tissus, parfaitement illustrative de ce que le Pitti peut offrir : des échanges humains et stylistiques uniques.

Un autre duo qui a retenu mon attention est Nathan et Fred. Le marron était ici également à l’honneur : Fred portait un trois-pièces marron avec un manteau kaki, tandis que Nathan optait pour un trois-pièces gris moyen accompagné d’un polo coat brun. La complémentarité de leurs looks montrait comment le même univers chromatique pouvait se décliner de manière très personnelle et contemporaine.

Enfin, j’ai été frappé par Luigi Antonica et sa compagne Sabrina Cabboi. Luigi jouait sur un camaïeu de marron, tandis que Sabrina apportait une touche contrastante avec un pantalon flair blanc, une veste pied de poule et un pardessus long camel. Ce duo incarnait parfaitement l’élégance coordonnée et spontanée qui fait vibrer les rues de Florence pendant le Pitti.

Style féminin : réinterprétation des codes du tailoring

Si le Pitti Uomo est un laboratoire de style masculin, il est aussi un terrain d’inspiration pour les femmes qui explorent les codes sartoriaux avec audace et élégance. Cette année, plusieurs silhouettes féminines ont particulièrement retenu mon attention, chacune réinterprétant les classiques du costume à sa manière.

Louane, de Suitbylou, illustre parfaitement cette tendance. Elle portait un trois-pièces ocre parfaitement ajusté, complété par une cravate marron et un chapeau en feutre du même ton. L’ensemble respire la confiance et la maîtrise stylistique, tout en conservant une douceur chromatique qui fait vibrer la tenue sous la lumière florentine. Chaque détail, des boutons aux chaussures, révèle une maîtrise du tailoring qui se joue des genres tout en affirmant une personnalité singulière.

Chloé, elle, jouait sur les contrastes et les textures. Son costume croisé à rayures bleu grisé était accompagné d’un chapeau marine assorti et d’un bandana en soie de chez SERA, tandis qu’une paire de loafer noir en bi-matière apportait une touche contemporaine et structurée à l’ensemble. L’attention portée aux accessoires montre à quel point le style féminin peut s’approprier les codes du vestiaire masculin tout en y injectant légèreté et sophistication.

Alexandra Dobre, quant à elle, incarnait un mélange de rigueur et de théâtralité. Son tailleur à rayures beige était associé à un overcoat drapé sur les épaules, dans le même ton, avec des revers généreux. Le chapeau fumé marron et le cigare à la main complétaient la silhouette, tandis que la cravate orangée apportait une touche audacieuse et sartoriale, transformant la tenue en un manifeste de style où les codes masculins sont revisités avec assurance et élégance.

Ces looks féminins démontrent que le Pitti n’est pas seulement un événement dédié aux hommes, mais un lieu où le vêtement devient langage, et où chaque silhouette, masculine ou féminine, dialogue avec les autres, avec l’espace et avec la lumière florentine. Le mélange de couleurs, de textures et de codes empruntés au vestiaire masculin crée un univers visuel riche et inspirant, où la créativité n’a pas de limites.

L’ambiance du Pitti Uomo: un véritable théâtre du style

Ce qui distingue l’extérieur du Pitti, c’est l’atmosphère. La Fortezza da Basso n’est pas simplement un décor : elle devient un lieu vivant où se mêlent discussions, shootings, éclats de rire et admiration mutuelle pour le style. Les influenceurs circulent avec assurance, posent devant le mur ou improvisent des compositions photographiques au milieu des passants. Chaque rencontre est l’occasion de partager un point de vue, une marque, ou simplement de saluer une silhouette inspirante.

Le mur iconique, souvent photographié, agit comme un catalyseur visuel : il attire les regards et offre un point de repère pour les shootings. Chaque photo devient alors une pièce d’un puzzle stylistique global, illustrant l’esprit du Pitti : un mélange de tradition, d’excellence artisanale et de liberté contemporaine.

Conclusion : l’extérieur comme prolongement du Pitti Uomo

Observer les styles et les interactions devant la Fortezza da Basso, c’est comprendre que le Pitti Uomo ne se limite pas à ses salons et showrooms. La rue, le parvis et le fameux mur sont autant de lieux d’expression, où le style masculin et féminin se vit en direct, se photographie et se partage avec le monde entier. Les tendances y prennent vie, les coups de cœur se dévoilent et l’énergie de Florence magnifie chaque silhouette.

Cette immersion m’a rappelé que le style n’est pas seulement ce que l’on porte : c’est une expérience humaine, une rencontre et un dialogue permanent entre tradition et modernité. La Fortezza da Basso et son mur iconique restent ainsi le cœur battant de cette expression du costume contemporain, et chaque édition du Pitti confirme que l’élégance se vit autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

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