Un costume croisé vert de gris au pied du Duomo

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Il y a, au Pitti Uomo, des tenues qui se répondent d’un jour à l’autre.
Non pas par répétition, mais par cohérence. Cette deuxième silhouette s’inscrit clairement dans cette logique : garder un fil conducteur tout en explorant une autre palette, une autre énergie.

Après le costume marron, place à un vert de gris, une couleur subtile, presque minérale, que j’apprécie particulièrement dans le contexte florentin. Moins attendue que le gris, plus douce qu’un vert franc, elle offre une profondeur très intéressante, surtout lorsqu’elle est travaillée dans une coupe croisée.

Les photos ont été prises près du Duomo, sous l’objectif de Fran Calderon, avec cette volonté assumée de créer des rappels de couleurs entre la tenue et l’architecture florentine.

Le costume croisé vert de gris Dormeuil comme pièce centrale

Le point de départ de cette tenue est un costume croisé vert de gris à rayures gris clair, réalisé dans une étoffe du drapier Dormeuil.
Un tissu qui impose une présence élégante, tout en restant parfaitement lisible.

Le vert de gris est une couleur exigeante. Elle se situe à la frontière de plusieurs univers, entre le vert, le gris et parfois même des nuances bleutées selon la lumière. Ici, les rayures gris clair viennent structurer l’ensemble, apportant verticalité et rythme sans jamais alourdir la silhouette.

La coupe croisée renforce cette impression de tenue construite. C’est un type de veste que j’affectionne pour sa capacité à imposer une allure, tout en laissant une vraie liberté d’interprétation selon la manière dont on la porte, ouverte ou fermée.

Chemise à rayures et col italien

Sous le costume croisé, j’ai opté pour une chemise à rayures, plus fines, dotée d’un col italien.
Un choix volontairement classique, mais particulièrement adapté à ce type de silhouette.

Les rayures de la chemise dialoguent naturellement avec celles du costume, sans créer de confusion visuelle. Le col italien, plus ouvert, apporte une respiration bienvenue et met en valeur l’accessoire choisi pour cette tenue. Il ajoute aussi une touche très italienne, presque solaire, parfaitement à sa place dans le décor florentin.

Le bandana en soie Sera Fine Silk, noué comme une cravate

Côté accessoires, j’ai choisi un bandana en soie vert et bleu de chez Sera Fine Silk, noué simplement, comme une cravate.

C’est un détail qui modifie sensiblement la lecture de la silhouette. Le bandana introduit une forme de décontraction maîtrisée, tout en conservant une vraie élégance grâce à la soie. Les nuances de vert et de bleu font écho au vert de gris du costume, mais aussi aux tonalités minérales du Duomo.

Le nouage volontairement simple permet de conserver une verticalité et d’éviter tout effet trop démonstratif. Ici, le bandana s’intègre naturellement à la tenue, sans jamais chercher à en devenir le centre.

Double boucles patinées brun : équilibre et profondeur

Aux pieds, des chaussures à double boucles dans une patine brune.
Un choix que je trouve particulièrement pertinent avec ce type de costume.

La double boucle apporte une élégance légèrement plus habillée qu’un loafer, tout en restant moins formelle qu’un richelieu. La patine brun foncé crée un contraste subtil avec le vert de gris, apportant profondeur et caractère à l’ensemble.

C’est aussi une chaussure très agréable à porter sur une journée complète au Pitti Uomo, où l’on passe beaucoup de temps debout et en mouvement.

Le manteau croisé gris clair : une continuité assumée

Pour compléter la tenue, j’ai choisi de porter à nouveau mon manteau croisé gris clair, déjà vu avec la silhouette marron.
Un choix pleinement assumé.

J’aime l’idée qu’un manteau puisse servir de lien entre plusieurs tenues, créer une continuité plutôt qu’une accumulation. Le gris clair fonctionne ici parfaitement avec le vert de gris du costume, en apportant de la lumière et en soulignant la structure sans jamais l’écraser.

Le Duomo comme écho chromatique

Les photos ont été prises près du Duomo, un lieu emblématique de Florence, mais aussi un formidable terrain de jeu visuel.
La pierre, les nuances de gris, de vert et de beige, la lumière changeante : tout entre naturellement en résonance avec la tenue.

Avec Fran Calderon, nous avons cherché à créer de véritables rappels de couleurs entre l’architecture et les vêtements, sans mise en scène artificielle. Le décor accompagne la silhouette, il ne la domine jamais.

Une autre facette du Pitti Uomo 109

Cette deuxième tenue illustre une autre manière d’aborder le Pitti Uomo 109.
Toujours la même recherche de cohérence, de matières et de détails, mais avec une énergie plus graphique, plus structurée.

Le Pitti reste un terrain d’expression unique, à condition de ne pas chercher à en faire trop. Pour moi, l’élégance se joue souvent dans ces choix mesurés : une couleur subtile, une coupe affirmée, un accessoire bien pensé.

Conclusion

Ce costume croisé vert de gris, porté au pied du Duomo, résume assez bien ce que je recherche aujourd’hui dans mes silhouettes : une élégance construite, expressive, mais jamais démonstrative.

Le Pitti Uomo, à Florence, reste une source d’inspiration constante à condition de ne jamais oublier l’essentiel : le vêtement doit toujours servir l’allure, jamais l’inverse.

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